Harcèlement scolaire

Aujourd’hui, c’est la journée nationale contre le harcèlement scolaire. Bon, je n’aime pas trop les journées de ci et de ça, les causes sérieuses devraient être abordées toute l’année sans que le calendrier nous les rappelle avant un nouveau long oubli.

Comme l’immense majorité des autistes Asperger, j’ai vécu le harcèlement scolaire. Comme victime, bien sûr. On entend toujours plus les victimes que les bourreaux. Elles témoignent, on les plaint, on prévoit des lois et des actions pour elles. Et c’est exactement ce qui me dérange.

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Shopping !

Tiens, et si je faisais une note futile. 🙂

Il parait que c’est très féminin, le shopping. Que souvent c’est une activité appréciée.
J’ai horreur de ça… Bon, c’est pas trop grave vu le nombre de fois que j’ai répété que je ne suis pas une fille. Ah, les stéréotypes de genre…
S’habiller, c’est l’horreur. Par s’habiller, je n’entends pas enfiler des vêtements, mais en trouver de nouveaux quand vraiment il faut.
Chez moi « je n’ai plus rien à me mettre ! » n’est pas une expression qui signifie que mes placards débordent mais que je voudrais plus. Alors parfois, quand vraiment il me reste deux pantalons, usés, je me décide à affronter cette terrible épreuve.Lire la suite »

Synesthésie

Quand j’étais enfant, les lettres avaient des couleurs. Le i était bleu, le o était jaune, il me semble. Puis c’est passé. Mais encore maintenant, un poème tel que les voyelles de Rimbaud est dérangeant. Le A ne peut pas être noir, voyons !

Parfois, c’est une musique qui révèle son aspect visuel. Comme ce souvenir qui revient parfois, je n’ai pas retenu le nom du compositeur, je ne me rappelle même pas des instruments, seulement de ce beau orange-doré du thème qui revenait à chacune des variations.
Les musiques modernes ont plus souvent des mouvements, généralement circulaires ou oscillants.

A l’inverse, ce sont parfois des mouvements qui sont sonores. Et oui, il arrive que les gifs animés produisent une petite musique. Je ne l’ai réalisé que récemment, je pensais que ça faisait ça à tout le monde.

Et puis il y a les mots. Les mots qui s’affichent quand on me parle, presque comme un sous-titre.

Après le diagnostic

Des semaines, des mois ou des années d’attente. Douter de soi, douter de la possibilité d’en être, douter d’avoir des réponses un jour. Ne pas oser trop se reconnaitre, ni trop s’affirmer, de peur de se tromper. Se renseigner un peu sur le syndrome d’Asperger ou l’autisme en général. Limiter les lectures pour ne pas trop s’impliquer, après tout nous ne sommes pas les plus objectifs à juger de nous-mêmes. La peur d’un effet Barnum, ou pire encore : commencer à s’identifier et imiter sans s’en rendre compte.
Ne pas se décider, puis se lancer enfin vers les démarches diagnostiques. Lutter contre ses difficultés face aux professionnels qui demandent toujours de téléphoner. D’expliquer. De parler. Remplir de longs dossiers. Impliquer parfois sa famille, puisque leur témoignage est précieux.
Et après tout ce temps, tous ces efforts, obtenir un jour la confirmation.
Et ensuite.Lire la suite »

Hypocrisie

Plusieurs fois au cours de mes lectures récentes j’ai lu des conseils simples, évidents même, qu’on pourrait résumer par : Consultez !
Pourtant les mots me mettaient mal à l’aise. Il était question de demander un avis à son médecin de famille, lequel saurait bien rediriger si nécessaire vers un spécialiste adéquat pour des inquiétudes au sujet de troubles des apprentissages, ou d’autisme.

Outre mon évident manque de confiance dans le système du fait de mon vécu, je trouve résolument trop optimiste de penser qu’à coup sûr un professionnel sera compétent, quel que soit le problème concerné. Lire la suite »

Personne

Quelques (la majorité ?) blogs et témoignages autour de l’autisme (et, je suppose, autour du handicap) mettent l’accent sur les difficultés. On en oublie parfois tout ce qui est habituel, normal, commun. En lisant un blog de parent d’enfant autiste, j’ai été surprise par une petite remarque, après avoir lu plusieurs pages… à force d’insister sur les difficultés à chaque message, l’image renvoyée de l’enfant par le blog était très inexacte.Lire la suite »

Cécité

Toutes les comparaisons sont maladroites, je m’y risque quand-même.

Celle-ci est celle qui me vient le plus souvent à l’esprit quand je pense à mon handicap et à la manière dont ma vie en a été affectée.

Supposons que je sois née malvoyante. Mais que personne n’ait jamais pensé que je voyais mal. Moi-même, sans retour de la sorte, j’ai supposé avoir les mêmes capacités que tout le monde.
Année après année, j’ai essayé de faire de mon mieux, de faire comme les autres. Je trébuchais et on se moquait de ma maladresse. Je heurtais quelqu’un et on me criait dessus. Je ne disais pas bonjour à quelqu’un que je n’avais pas reconnu et on critiquait mon absence de politesse élémentaire. Je me perdais souvent et personne ne jugeait utile de me signaler mon erreur, de me prévenir puisque je devais avoir les mêmes informations et capacités que tout le monde. Si je tentais de demander, j’avais droit à un soupir exaspéré, puis une réponse vague : passe par là ! Alors j’ai cessé de demander.

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